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Comment bien récupérer d'une commotion cérébrale (grâce a l'ostéopathie) ?

  • Photo du rédacteur: Jérémy LOF
    Jérémy LOF
  • il y a 3 jours
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 9 heures



La commotion cérébrale : un traumatisme à ne jamais banaliser


La commotion cérébrale — appelée traumatisme craniocérébral léger en milieu hospitalier — correspond à une altération transitoire du fonctionnement du cerveau, consécutive à un choc direct ou indirect transmis à la tête. Contrairement à une idée répandue, la perte de connaissance n'est ni systématique ni nécessaire pour poser le diagnostic : la grande majorité des commotions surviennent sans que la victime ne perde conscience. Longtemps réduite à un simple « coup sur la tête sans gravité », elle est aujourd'hui reconnue comme une véritable blessure neurologique, aux conséquences parfois durables.


Une reconnaissance scientifique récente


C'est dans cette optique que le Concussion in Sport Group réunit, depuis le début des années 2000, la communauté scientifique internationale tous les quatre ans, pour actualiser les recommandations destinées aux soignants qui accompagnent des sportifs exposés à ce risque, du niveau amateur jusqu'à l'élite. Tenue à Amsterdam fin octobre 2022 après plusieurs reports liés à la pandémie, la 6ᵉ conférence a débouché sur un consensus publié en juillet 2023, résultat de plus de trois années de revues systématiques de la littérature scientifique. Ce travail a permis de réviser les outils de référence — dont le Sport Concussion Assessment Tool, aujourd'hui en 6ᵉ version (SCAT6) — et d'en créer un nouveau, le SCOAT6, dédié à l'évaluation en cabinet au-delà de la phase aiguë. Le consensus insiste également sur la nécessité d'un dépistage complet et non précipité, recommandant au minimum 10 à 15 minutes pour la réalisation d'un test multimodal. Le SCAT6 atteint sa meilleure précision diagnostique dans les 72 heures suivant le choc ; passé ce délai, une évaluation plus large — intégrant sommeil, humeur, oculomotricité et équilibre — devient nécessaire. The 6th Consensus Statement on Concussion in Sport +2


Un enjeu de santé publique


Les chiffres donnent la mesure du problème. Le nombre de commotions recensées chaque année aux États-Unis, toutes disciplines confondues, oscillerait entre 1,6 et 3,8 millions — le football américain, le hockey sur glace et le rugby concentrant l'essentiel du risque en raison de la fréquence de leurs contacts directs. Le rugby illustre bien cette réalité, avec une incidence estimée à environ dix commotions pour mille heures passées sur le terrain, et les sports de combat comme les arts martiaux appartiennent à la même famille des sports de contact et de collision. Pourtant, cette réalité reste largement sous-évaluée : certains travaux menés avec un médecin positionné en observateur direct sur le terrain ont relevé des taux de commotions jusqu'à cinq fois plus élevés que les statistiques habituellement publiées — preuve qu'une grande partie d'entre elles passe simplement inaperçue. Épidémiologie des commotions cérébrales dans le sport - ScienceDirect +2

Ce déficit de connaissance touche aussi les sportifs eux-mêmes. Beaucoup préfèrent taire leurs symptômes à leur entraîneur plutôt que de risquer une sortie immédiate du terrain — un véritable tabou qui retarde la prise en charge et expose à des complications qui pourraient être évitées. Assnat


Le dilemme du terrain : performance et prudence


C'est précisément là que se noue l'ambivalence classique entre le sportif, son staff, et la prudence médicale. Les symptômes d'une commotion peuvent sembler s'estomper en quelques heures : le joueur se sent lucide, l'envie de reprendre est forte, l'enjeu du match aussi. Mais cette amélioration apparente masque une réalité physiologique bien plus lente à se résorber.

Après le choc, les pompes cellulaires responsables de rétablir l'équilibre ionique du cerveau se mettent à consommer le glucose en quantité importante, alors que l'irrigation sanguine cérébrale reste, elle, relativement diminuée. Ce déséquilibre entre besoins métaboliques accrus et apport vasculaire insuffisant ouvre une fenêtre de fragilité neurologique — dont on ignore la durée précise chez l'humain — pendant laquelle un second choc, même léger, peut causer des dégâts disproportionnés. C'est le principe du second impact syndrome, et c'est précisément ce qui justifie l'éviction temporaire du joueur, même s'il se sent capable de continuer. Articles PL

Les données confirment l'intérêt de cette précaution : une étude menée auprès de 501 sportifs de haut niveau a identifié plusieurs facteurs de risque de syndrome post-commotionnel prolongé — le jeune âge, le sexe féminin, un antécédent de commotion, et surtout l'absence de sortie immédiate du terrain. Au-delà du risque neurologique proprement dit, une commotion non prise en charge altère aussi les réflexes, la coordination et la proprioception — augmentant, dans les heures ou les jours qui suivent, le risque de nouvelle commotion, d'autre blessure, et de baisse de performance. ScienceDirect


Le sportif amateur et le « civil » : des parcours moins balisés


Si le sport de haut niveau bénéficie de protocoles précis et d'un encadrement médical rapproché, la réalité est différente pour le sportif amateur et, plus largement, pour la population générale. Une enquête menée en population étudiante a d'ailleurs révélé que deux commotions sur trois survenaient en dehors de toute pratique sportive — chutes domestiques, accidents de la route, accidents du quotidien : la commotion n'est pas qu'une affaire de sportifs. ScienceDirect

Pour ce public, le diagnostic est souvent plus délicat. Le tableau clinique repose avant tout sur le ressenti du patient, sans marqueur objectif ni examen d'imagerie capable, à lui seul, de confirmer le diagnostic — ce qui complique à la fois le repérage et l'orientation. Résultat : un passage aux urgences qui débouche parfois sur un simple retour à domicile, sans suivi structuré si les symptômes persistent au-delà de quelques jours. Medicover Hospitals

Or cette persistance concerne une part non négligeable des patients, avec une disparité considérable. Environ 10 à 15 % des personnes concernées développeraient un syndrome post-commotionnel, dont la durée — comme l'intensité — varie fortement d'un individu à l'autre : de quelques semaines pour certains, à plus d'une année pour d'autres. Malgré cette hétérogénéité, les recommandations initiales restent souvent standardisées — une période de repos relatif suivie d'une reprise progressive — sans toujours tenir compte du profil, des facteurs de risque, ni de la nature précise des symptômes de chaque patient. VOR Eye Rehab Blog


La place de l'ostéopathie dans l'accompagnement


C'est dans cet espace — celui de la phase subaiguë, une fois l'urgence écartée par un avis médical — que l'ostéopathie peut apporter une réelle valeur ajoutée, en complément du suivi médical et jamais en remplacement de celui-ci.

Le mécanisme lésionnel lui-même mérite d'être compris. Lors d'un choc de type « coup du lapin », le cerveau vient percuter la paroi interne de la boîte crânienne, ce qui peut s'accompagner de saignements microscopiques. La dure-mère — cette membrane qui tapisse le crâne et se prolonge jusqu'au sacrum le long de la colonne — répond alors par une mise en tension réflexe, un mécanisme de protection dont l'effet secondaire est de maintenir durablement les vertèbres sous contrainte, d'où les cervicalgies, dorsalgies, lombalgies et raideurs matinales fréquemment rapportées dans les suites d'une commotion. Pierre SAINT-VAASTCabinet B


Le travail ostéopathique s'adresse d'abord à ces conséquences mécaniques directes : levée des blocages cervicaux, relâchement des contractures réflexes de la nuque et des épaules, et travail sur la mâchoire lorsque celle-ci a été impliquée dans le choc — une zone anatomiquement très proche du conduit auditif, ce qui explique son lien fréquent avec certains symptômes ORL et le bruxisme post-traumatique.


Les vertiges méritent une attention particulière. Les cervicales hautes, de C0 à C3, jouent un rôle clé dans la proprioception et la vascularisation cérébrale, tandis que la partie pétreuse de l'os temporal abrite les structures de l'appareil vestibulaire. Une prise en charge coordonnée avec un kinésithérapeute vestibulaire — associant thérapie manuelle cervicale et rééducation oculomotrice — est souvent la combinaison la plus pertinente lorsque ces symptômes dépassent le délai habituel de récupération. NewsWire


Enfin, l'ostéopathie peut accompagner la régulation du système nerveux autonome, souvent mis à mal après une commotion : un enchaînement de commotions insuffisamment prises en charge peut aboutir à un véritable dérèglement de ce système, avec des répercussions sur le sommeil, la concentration et l'humeur. Le travail s'oriente alors vers les zones clés de la régulation orthosympathique, en complément d'une approche globale du patient. Cabinet B


Il faut le dire clairement : la recherche sur le sujet s'appuie encore essentiellement sur des observations cliniques isolées et de petites séries de patients, les essais randomisés de bonne qualité restant à ce jour peu nombreux dans ce domaine précis. L'intérêt clinique est réel et de plus en plus documenté, mais comme souvent en médecine manuelle, la recherche continue de se construire. Chezlosteo

⚠️ Important : toute suspicion de commotion cérébrale doit être évaluée sans délai par un médecin ou un service d'urgence — en particulier en présence de maux de tête qui s'aggravent, de vomissements répétés, d'une confusion ou d'une somnolence croissante, de convulsions, d'une perte de connaissance, d'une faiblesse d'un côté du corps ou de troubles de la parole. L'ostéopathie n'intervient qu'une fois le risque immédiat écarté par un professionnel de santé, en complément du suivi médical, et jamais en remplacement d'un diagnostic.

Formé spécifiquement à l'évaluation et à l'accompagnement des commotions cérébrales, je reste à votre disposition pour toute question à ce sujet ou pour convenir d'un rendez-vous — n'hésitez pas à me contacter

 
 
 
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